Renoncer... ou s'adapter...

 

Il est peut-être arrivé à certains d'entre nous de devoir faire face à quelque chose de difficile: une maladie grave.

Le jour où nous apprenons que nous souffrons d'une maladie grave, notre monde est bouleversé. Ce sont nos projets, un à un, qui semblent devoir s'effacer. Notre vie qui paraît ne plus nous appartenir, notre corps qui a l'air d'être un véhicule inadapté mais dont on ne peut pas changer...

Ce genre d'annonce a le même effet que la perte d'un être cher, et nous avons dès lors un deuil à vivre, qui passera par différentes étapes:

- le choc: cette annonce est aussi violente qu'un coup de poing en pleine figure, suivi du sol qui s'ouvrirait sous nos pieds. Il faut en plus parvenir à comprendre en quoi cette maladie consiste, quelles en seront les conséquences dans notre quotidien...

- la colère: qui est responsable, pourquoi ça tombe sur nous, qu'avons-nous fait pour mériter ça? 

- le marchandage: nous cherchons la petite chance que ce ne soit pas vrai, le "truc" qui ferait que notre vie ne change pas...

- la dépression: c'est le moment où nous baissons les bras. C'est comme ça, il n'y a rien à faire, pas d'espoir à chercher. La maladie est là, et on est anéanti...

- l'acceptation: il faut du temps pour cela, mais on peut parvenir à une certaine sérénité par rapport à cette maladie. Oui, c'est injuste. Oui, il y aura des moments difficiles. Oui, l'incertitude s'est installée. Mais... nous, nous sommes là aussi. Différents d'avant l'annonce, car plus conscients de la valeur de tout, de chaque moment, de chaque journée. La maladie fait partie de notre vie, mais elle n'est pas nous.

Ces étapes sont nécessaires à notre parcours, et il est bon de ne pas les brusquer. Nous avons tous besoin de plus ou moins de temps... Mais une chose est sûre: il ne faut pas vouloir les effacer, ou les ignorer. Elles font partie de notre évolution.

Et lorsque l'acceptation fera ses débuts, nous la sentirons bien arriver. C'est à ce moment que nous allons penser que oui, certains projets devront sans doute être repensés, certaines de nos valeurs changeront sûrement... mais tout cela ne nous empêchera pas de vivre notre vie le plus sereinement possible.

Plus tard, nous penserons peut-être même à des changements effectués par obligation, qui au final nous aurons été très bénéfiques...

Et quand nous serons dans un jour plus difficile, nous chercherons à puiser du positif dans cette grande partie de nous qui n'est pas cette maladie...

Nous nous fixerons des objectifs, petits ou grands, et nous passerons à l'action. Nous n'oublierons pas de nous regarder avec bienveillance, et nous saurons que nous nous sommes adaptés, mais que nous n'avons pas renoncé. 

Malade